1 février 2013

Le travail de Guillaume Pinard

Guillaume Pinard déjoue tous les pronostics.
Ce qu’il y a de bien avec Guillaume Pinard c’est qu’il prend toujours le visiteur par surprise. Ce n’est pas de tout repos pour celui qui pense connaître ses gammes. On l’attend avec des dessins, il se (re)met à la peinture. On spécule sur des animations avec ses fameux dessins muraux au graphite comme au Carré Sainte-Anne.
À Cajarc, Guillaume Pinard a planqué un trésor parmi des œuvres qui taraudent les limites de l’archive et de la recherche. L’artiste s’est mué en archéologue de sa propre pratique : ses tableautins se retrouvent à part sur une table d’examen, des moulages en plâtre s’accumulent sur des étagères, les murs deviennent support du trait minutieux d’un crayon. Pinard expose aussi ses drôles de collusions ou le mariage improbable de Gérôme et Jack Kirby (auteur de comics américain), de Dürer et Klossowski. Qu’on se le tienne pour dit, le « Trésor » - titre de l’exposition - que nous offre Pinard, c’est de pénétrer dans sa boîte crânienne, une soupe de cerveau, éclectique, illogique, agitée. Dans un de ses dessins, l’artiste s’est représenté, le visage tartiné de mousse à raser. Une figure décentrée qui se fait la métaphore de ce qui se trame ici, entre prosaïsme et grande référence, entre la pratique du quotidien et la grande tradition de l’autoportrait au miroir. Guillaume Pinard écrit à Cajarc un nouveau chapitre de son travail après avoir publié cette année Un art sans destinataire, entre retrouvailles et nouveau départ. Une chasse au trésor.
Bénédicte Ramade.


L'Oeil n° 651 - Novembre 2012



Rencontre avec Guillaume Pinard

Guillaume Pinard a été élève à l'Ecole des Beaux-Arts de Rennes. Son champ d'action est large : écriture, création de dessins et de dessins animés, peinture, installations ...
Guillaume Pinard se qualifie comme un "rat des musées" à la fois passionné par l'histoire de l'art et l'art contemporain.
C'est Géraldine Pastor-LLoret qui a fait appel à lui pour l'Exposition RE:, notamment pour le travail de dessins muraux au fusain qu'il avait déjà entrepris au Musée des Arts George Pompidou à Cajarc. L'espace d'exposition de l'ISBA se prête très bien à cet exercice. Ce dessin mural, assez monumental, serait aussi un bon moyen de transmettre une technique aux étudiants de l'ISBA. En effet, réaliser deux dessins muraux de cette grandeur en quelques jours nécessite un peu d'aide ... Huit étudiants ont donc suivi et participé à la réalisation de deux fresques, l'une reprenant "L'Ivresse de Noé" de Giovanni Bellini et l'autre un dessin de Salvador Dali préparatoire à la conception d'une scène de rêve dans le film "La maison du Docteur Edwardes" d'Alfred Hitchcok.

Comment le choix des oeuvres s'opère-t-il ?

Quand il a été invité pour l'exposition RE:, il a pris le temps de regarder les tableaux exposés dans les musées de Franche-Comté, puis a fait une sélection de plusieurs d'entre eux. Très vite, le Bellini a été retenu. Guillaume Pinard a trouvé l'histoire de ce tableau intéressante : la réflexion sur le regard y est importante et il aimait l'idée de jouer avec la place du spectateur. Entre pudeur et voyeurisme, pouvons-nous tout regarder ?
Le dessin de Dali a été choisi dans un second temps. Il s'est imposé naturellement comme commentaire possible au tableau de Bellini.

Quelle est la technique utilisée pour la réalisation de ces dessins muraux ? 

Un outil qui, pourtant, n'était pas celui que préférait l'artiste : le fusain. "J'ai utilisé cet outil tardivement à l'occasion d'une exposition à l'école des Beaux-Arts de Pau en 2008. J'avais alors dans l'idée de réaliser un grand dessin mural représentant un ciel orageux. Mon expérience m'avait auparavant fait préférer la peinture ou les feutres pour ce type d'exercice, mais le choix de représenter des nuages m'a orienté vers ce matériau poudreux qui ouvre un large spectre de muances et de matières. Réaliser un dessin monumental dans un temps de montage souvent très court est toujours une expérience très exaltante, physique. C'est une immersion totale dans la matière du dessin où l'on forme et fait apparaître une image en impliquant tout son corps."
Guillaume Pinard et les élèves de l'ISBA ont commencé par projeter les contours des tableaux, pour placer des repères, comme s'ils décalquaient. Puis, ils ont commencé à "remplir" ces lignes, travaillant sur les nuances, les ombres, l'éclairage ... 



Pendant quatre jours, nous avons pu voir les dessins muraux se révéler. 


La particularité de cette oeuvre est son rapport au temps. Le fusain étant une matière très volatile et indisciplinée, l'artiste nous a expliqué que la matière ne pouvait pas être fixée au mur. Un coup de vent et tout s'envole ! Cette pièce va donc vivre et bouger tout au long de l'exposition, mais personne ne peut déterminer l'évolution qu'elle aura. 




Retrouvez le travail de Guillaume Pinard sur : 

29 janvier 2013

Le travail de Jacques Floret

Interview de l'artiste Jacques Floret


Pouvez-vous nous présenter votre travail ?

Je suis principalement dessinateur, un dessinateur qui décalque  souvent des photos. Je réalise des dessins faits pour être exposés dans un espace. D'autres, pour la presse (Le Monde, la revue XXI, etc.) ou pour la publicité ( Sncf, McDonald's, Boursin, etc.). Dans ce cas, je réalise des dessins de style «ligne claire ». Ils sont très simples, descriptifs, didactiques. Ils peuvent, pourquoi pas, faire penser aux illustrations du dictionnaire. Les délais dans la presse et la pub sont souvent courts, il me faut donc une façon de faire rapide et simple, un truc un tant soit peu efficace.

Quelles sont les autres techniques de dessins que vous utilisez ?

Je dessine souvent au stylo à bille quatre couleurs. Comme par exemple, vous pouvez le constater avec RACHEL & ROSCO aux éditions Dilecta, un livre avec sur chaque page une femme et un chien. Et depuis peu, je fais également des dessins sur les murs. J'y dessine avec des feutres (étui de 12 couleurs), les mêmes que ceux que les enfants utilisent à l'école. Ils ne sont pas de très bonne qualité, leur encre s'efface donc peu à peu à la lumière. J'aime que les dessins que je réalise ainsi bougent, vivent comme ils le souhaitent. De plus, le résultat n'est jamais le même suivant l'endroit où je dessine. La peinture qui recouvre le mur va plus ou moins absorber l'encre. Je ne connais donc jamais à l'avance ce qui va survenir. Je me débrouille juste pour que ça soit semblable au dessin que j'ai réalisé en amont sur papier… Ah oui, aussi, il y a déjà quelque temps maintenant, j'ai exposé trois ou quatre grands dessins de chats ou de chiens. Ils étaient déjà dessinés avec des feutres mais aussi avec mon sang. C'était pas mal. Je m'étais appliqué à ce qu'ils soient tous très mignons… Quelquefois aussi, quand je m'ennuie, je peins des clowns morts à la gouache. Ça fait beaucoup rire les enfants de mon entourage. 

Nous avons pu remarquer que les fleurs revenaient souvent dans votre travail, pourquoi ?

Une fleur, c'est joli et décoratif. C'est simple et évident. C'est clairement fait pour être dessiné sur un mur blanc. Un peu comme un mot obscène est clairement fait pour être écrit sur la porte des W.C. d'un bar. Rien d'étonnant à ça. L'année dernière, j'ai exposé une série de dessins où des pieds féminins tenaient des fleurs. Là, le sujet pouvait paraître un peu plus énigmatique mais c'était tout aussi décoratif.

Comment êtes-vous arrivés dans cette exposition ? 

J'ai réalisé quelques livres chez différents éditeurs, dont un avec les Editions P, Laura. J'ai ainsi fait la connaissance de Denis Prisset qui les dirige, un garçon charmant. C'est lui qui a montré mon travail à Géraldine Pastor LLoret,. Elle m'a tout de suite proposé de faire partie de l'exposition RE:. Elle adore les fleurs.


et voici quelques adresses où le travail de Jacques Floret est visible :

















25 janvier 2013

Vernissage aujour'dhui de 18h à 23h à Toshiba House



vol. 15
Les Figurants Hervé Garcia
26 jan. — 9 fév. 2013
vernissage ven. 25 jan. 18h — 23h
Second volet de l’exposition RE: à l’ISBA 24 jan. — 8 mars 2013
(Commissariat Géraldine Pastor LLoret / partenariat LP METI)

Toshiba Houseatelier & lieu d’exposition
21, rue du Polygone 25000 Besançon
www.toshibahouse.com
visite libre sur simple demande
au +33(0)3 81 51 28 21
ou +33(0)6 20 91 71 70
toshibahouse@yahoo.fr

Toshiba House est membre du BRAC Besançon Réseau Art Contemporain et reçoit le soutien du Conseil régional de Franche-Comté, du Conseil général du Doubs & de l’ISBA, Institut Supérieur des Beaux-Arts de Besançon.

24 janvier 2013

Conférence de Matthieu Cossé

Matthieu Cossé nous a présenté mercredi 23 janvier divers dessins et peintures qu'il a pu réaliser entre 2004 et 2012.



Il a choisi de nous montrer son travail chronologiquement afin que l'on puisse voir l'évolution de ses travauxNous avons pu découvrir ses dessins et peintures faits lorsqu'il était encore à l'école des Beaux-Arts, en apprentissage ainsi que ses travaux les plus récents. 

Ses dessins représentent des compositions de paysages ou de têtes à tendance plutôt humoristique. Il y a une forme de narration dans ses dessins créant ainsi un cadre/écran, une scène/décor et des acteurs. 

Matthieu Cossé nous explique également l'intéret qu'il éprouve pour le dessin d'observation et d'analyse d'après nature et comment cela alimente son travail. Cet artiste utilise des matériaux divers tels que l'aquarelle, l'encre de chine, la peinture, le fusain ...

On peutau fil de la présentation découvrir des affiches, des portraits caricaturaux, des médailles, des peintures...  Les caricatures qu'il réalise, sont entièrement faites à l'aquarelle et au pinceau. Il ne fait pas de dessin préparatoire. 
Ses travaux les plus récents sont les portraits caricaturaux et les dessins au lavis d'encre. Dans ses dessins et peintures les mouvements du regard sont mis en scène dans le cadre. On y retrouve le hors-champ, les effets d'agrandissement ou de réduction d'échelle, (effets de zoom, déformations) du cinéma et de l'animation mais réutilisés pour fixer dans le cadre un mouvement, une observation ou l'image d'un rêve.

Il a été publié dans la revue ROVEN en 2010 : http://www.lespressesdureel.com/magazine.php?id=114
Onestarpress avec qui Matthieu Cossé a publié un livre d'artistes en 2011 :
http://www.onestarpress.com/On-ferait-mieux-d-etre-copains?var_recherche=Matthieu%20Coss%C3%A9
Lieu d'art à Paris monté et géré par Matthieu cossé et amis depuis 2011 : http://www.moinsun.com/index.php?/project/photos/
Une parution en fanzine à venir en 2013 : http://lemegot.blogspot.fr/

http://www.lemegot.com/encres-%E2%80%94-aquarelles/


 Dessins de Matthieu Cossé dans la Revue ROVEN 2010

  Dessins de Matthieu Cossé dans la Revue ROVEN 2010

  Dessins de Matthieu Cossé dans la Revue ROVEN 2010

  Dessins de Matthieu Cossé dans la Revue ROVEN 2010

  Dessins de Matthieu Cossé dans la Revue ROVEN 2010

 Dessin de Matthieu Cossé couverture de la Revue ROVEN 2010





"Mes dessins font apparaître des figures observées et imaginées à travers différents gestes et tracés. Je m’attache à décrire ces figures en dessinant et non à priori. J’essaye de prendre mon temps pour décrire les choses comme je les vois : les liens entre des dessins à priori proches se tissent parfois très lentement. Les formes m’apparaissent dans leur dimension, celle que je vois. J’aime bien faire des dessins pour en faire d’autres. C’est en faisant ces dessins qu’advient la métamorphose par analogie et par répétition. Selon différents tracés et rythmes, les figures se révèlent et gardent la mémoire de leur déplacement dans une apparence immobile.
Pour l’exposition RE:, je présente deux dessins : une caricature à l'aquarelle et un dessin à l'encre. C'est bien la répétition du même motif : une figure et comment cette dernière apparaît pour former une image. Mais c'est à travers deux gestes différents, deux formats, donc deux images, et à chaque fois un visage et sa réprésentation."

Matthieu Cossé 

Interview de Laurent Devèze, directeur de l'ISBA de Besançon


Laurent Deveze s'exprime sur la mission pédagogique qui l'anime en tant que directeur d'école d'art.  Il parlera aussi de l'intérêt d'une exposition telle que RE: dans le paysage culturel régional.








Le travail de Hervé Garcia

Hervé Garcia participe à l'exposition RE: une de ses œuvres sera exposée à l'ISBA de Besançon tandis que les autres seront exposées à la galerie TOSHIBA House.

"L´objet disposé à l´ISBA nommé " Figure d´emprunts ", et ceux installés dans l´espace de Toshiba titrés " Les figurants " ont été conçus à partir d´une série de dessins mathématiques.L´information sur les dessins a été substituée par des phrases polysémiques issues  d´énoncés publicitaires. Puis le contenu a été à nouveau modifié. Le déplacement s´opère ensuite comme un raccord de continuitéLe montage entre une image et un objet, deux objets différents, ou deux compositions différentes dans lesquelles un élément correspond graphiquement comme support à la lectureFormé par l´assemblage, et la combinaison de plusieurs choses, les objets sont à la fois vitrine et sculpture, un support, fondation ou socle. 
Hervé Garcia.



Rencontre avec Hervé Garcia : 

Dans la salle d'exposition de Toshiba House, les œuvres installées, une discussion s'improvise entre Hervé Garcia, Cécile Meynier , Hugo Schüwer-Boss et nous.

De grandes pièces occupent l'espace.
Espace dans lequel le spectateur se balade, observe. 
Ces sculptures se construisent à partir d'objets trouvés, construits, décortiqués qui s’additionnent, se complètent et s'embrassent jusqu'à la naissance d'un volume. 

Dans un premier temps, Hervé Garcia imagine et dessine dans de grands carnets. "C'est un espace de liberté immense". "Tout est possible avec le dessin". "C'est un geste, un tracé dans un espace défini. Je ne me soucie pas de savoir si la construction est réalisable ou non.", nous explique l'artiste. Ensuite, laissant faire le temps, il épure et réaffirme cette collection d'images en se nourrissant des objets qu'il a pu trouver lors de balades et de ses observations.
Pour les "Figurants", Hervé Garcia nous avoue être passé par les slogans comme "La chaleur des nouveautés". "Ils m'ont servi de prétextes mais ont ensuite été effacés.
Il fonctionne donc par addition, soustraction, et gommage. 

Ce pilier de plâtre moulé puis taillé au ciseau à bois en est un bon témoin. 

Ses sculptures se construisent comme une histoire, les personnages étant ces objets, qui, décontextualisés et mis en scène évoquent un tout autre récit. 
Le trait du dessin reste présent dans les œuvres d'Hervé Garcia. Les lignes, les perspectives et les détails forment un ensemble qui évoque au spectateur, indirectement, des formes communes. Un des Figurants vous rappellera peut-être une cabine téléphonique ou une grande armoire sans que l'objet ne le représente vraiment. Hervé Garcia n'est pas dans la figuration. Il associe des images qui en constituent une tierce. C'est un mariage, une cohabitation, un voisinage. 

Le titre "Les figurants" vient d'un petit recueil que vous pourrez feuilleter dans l'espace d'exposition. Des photocopies de toutes sortes de gommes qui appartenaient à des élèves. Objet qui interroge, puisque objet de dessin mais surtout objet qui efface.
Les figurants ce sont des personnages visibles, qui n'ont pas de rôle particulier si ce n'est d'être là et de faire exister une situation. Tout comme les pièces d'Hervé Garcia qui ont besoin de se rencontrer, de se faire face, d'être ensemble pour que l'histoire se dévoile. 

Une réflexion autour de la question de la "présentation" est également menée. L'artiste s'interroge sur la vitrine et le socle comme partie intégrante de l'oeuvre. Comme une mise en abîme de l'exposition, assumée. Jouant avec la curiosité du visiteur, il amuse le regard toujours en quête du détail. 


Un espace dans lequel il faut s'attarder, circuler et prendre le temps de "voir" ... 




 Cécile Meynier, Hervé Garcia et Yann Marchal (étudiant METI)

« Le montage est l’art d’exprimer ou de signifier par le rapport de deux plans juxtaposés de telle sorte que cette juxtaposition fasse naître l’idée ou exprime quelque chose qui n’est contenu dans aucun des deux plans pris séparément (…)»

Toshiba House


Toshiba House participe à l'exposition RE: en partenariat avec l'ISBA de Besançon. La galerie présentera le travail de Hervé Garcia en continuité avec l'oeuvre qu'il présentera à l'école des Beaux-Arts.

Le vernissage aura lieu Vendredi 25 janvier 2013 de 18h à 23h.

Façade de Toshiba House


La naissance du projet Toshiba House - atelier & lieu d'exposition, coïncide avec la volonté de deux jeunes artistes : Cécile Meynier et Hugo Schüwer-Boss, de partager un atelier depuis mai 2009, situé 21 rue du Polygone, à Besançon. Ils ont été rejoint dernièrement par Sébastien Chaperon, designer.

Toshiba House est un lieu à la fois géré par des artistes et pour les artistes, c'est à dire à la fois un lieu de création et de monstration, dans lequel sont régulièrement organisés des événements (expositions, concerts, performances). Le choix des artistes se fait naturellement par leurs réseaux respectifs mais aussi lors de partenariat comme c'est le cas ici avec l'ISBA et la LP METI. 

Depuis 2012, le lieu reçoit le soutien du Conseil Régional Franche-Comté, du Conseil Général du Doubs et de l'ISBA. Par ailleurs, Toshiba House est membre du BRAC (Besançon Réseau Art Contemporain).

Graphisme : Nicolas Bardey



 Le travail de Cécile Meynier :






 Le travail de Hugo Schüwer-Boss



               

Le Montage de l'exposition RE:

Voici un aperçu en image du montage de l'exposition RE:


Vernissage aujourd'hui à 18h30 de l'Exposition RE: et performance de Diogo Pimentao à 18h à l'ISBA





23 janvier 2013

Le travail de Stéphane Calais


Stéphane Calais est un artiste plasticien contemporain. Deux oeuvres seront exposées dans le cadre de l'Exposition RE:.




"Je me suis trompé.
J’ai cru que le dessin pouvait à un moment ou un autre devenir autre. Passer d’un pur moment adolescent ou enfantin vers un âge adulte où sa structure propre, c’est à dire sa légèreté, maniabilité etc... pourrait rencontrer face à face l’Histoire qui le contenait et l’entourait. C’est impossible. Car sa nature n’est en aucun cas lié à l’Histoire, c’est à dire l’officiel, le nom des pouvoirs, le filtre enfin*... Bien sûr le dessin est partout, il fait vendre du Mickey ou Super Mario depuis des dizaines d’années, il peut être le plus gros chiffre d’exportation audiovisuel français avec les séries animées, il est le design, l’art appliqué, l’architecture, etc... Le dessin est partout. Mais il n’est en rien un Art mature car il est, force est de le constater, singulier. En cela 
il ne peut «vieillir» car chaque pousse ne donne en rien une espèce mais un cas endémique. Il ne peut croître hors de la biosphère particulière  qui l’a vu naître et même si d’une biosphère à l’autre on s’observe et se copie parfois avec gourmandise chaque singularité croit par ses propres ressources. L’auteur donc est primordial il se trouve être source, base et finalité. Notre auteur, donc, offre aussi bien l’expédition que ses résultats*…"

Stéphane Calais, extrait du texte d’introduction à l’exposition collective Une expédition, un 
projet conçu par Stéphane Calais à la Fondation d’entreprise Ricard en 2009.


* Bien sûr nous pouvons faire une Histoire du dessin, de ses trouvailles, inventions, évolutions et aboutissements, etc. mais l’explosion des arts mineurs du 19ème et 20ème a remis cette histoire en jeu et cause.
* Lewis et Clark cartographiant les futurs États-Unis tout en traçant par leur expédition, à travers l’inconnu d’alors, l’un des premiers fils rouge de l’identité d’un mythe et d’une réalité : l’Amérique.