Stéphane Calais est un artiste plasticien contemporain. Deux oeuvres seront exposées dans le cadre de l'Exposition RE:.
"Je me suis trompé.
J’ai cru que le dessin pouvait à un moment ou un autre devenir autre. Passer d’un pur moment adolescent ou enfantin vers un âge adulte où sa structure propre, c’est à dire sa légèreté, maniabilité etc... pourrait rencontrer face à face l’Histoire qui le contenait et l’entourait. C’est impossible. Car sa nature n’est en aucun cas lié à l’Histoire, c’est à dire l’officiel, le nom des pouvoirs, le filtre enfin*... Bien sûr le dessin est partout, il fait vendre du Mickey ou Super Mario depuis des dizaines d’années, il peut être le plus gros chiffre d’exportation audiovisuel français avec les séries animées, il est le design, l’art appliqué, l’architecture, etc... Le dessin est partout. Mais il n’est en rien un Art mature car il est, force est de le constater, singulier. En cela
il ne peut «vieillir» car chaque pousse ne donne en rien une espèce mais un cas endémique. Il ne peut croître hors de la biosphère particulière qui l’a vu naître et même si d’une biosphère à l’autre on s’observe et se copie parfois avec gourmandise chaque singularité croit par ses propres ressources. L’auteur donc est primordial il se trouve être source, base et finalité. Notre auteur, donc, offre aussi bien l’expédition que ses résultats*…"
Stéphane Calais, extrait du texte d’introduction à l’exposition collective Une expédition, un
projet conçu par Stéphane Calais à la Fondation d’entreprise Ricard en 2009.
* Bien sûr nous pouvons faire une Histoire du dessin, de ses trouvailles, inventions, évolutions et aboutissements, etc. mais l’explosion des arts mineurs du 19ème et 20ème a remis cette histoire en jeu et cause.
* Lewis et Clark cartographiant les futurs États-Unis tout en traçant par leur expédition, à travers l’inconnu d’alors, l’un des premiers fils rouge de l’identité d’un mythe et d’une réalité : l’Amérique.
Maxime Duchanoy est un étudiant de quatrième année à l'ISBA de Besançon. Il a réalisé les cartels de l'exposition RE:
"Par l’utilisation du dessin essentiellement, et parfois d’autres médiums tel que la céramique, le collage ou encore la photographie ; je cherche à représenter un univers imaginaire, intemporel et cérébral qui parle de l’enfance, de la matière psychique. Situé dans mon quotidien je puise mon inspiration dans les arts primitifs, l’enfance, les dessins animés, le cinéma, l’art contemporain et classique."
En attendant un article qui sera publié prochainement sur le travail de Guillaume Pinard, nous vous proposons une après-midi d'étude au Musée des Beaux-Arts de Besançon, dans le cadre de l'Exposition RE:.
Cette journée a commencé par la visite du Musée des Beaux-Arts de Besançon faite par le Conservateur en Chef Emmanuel Guigon. L'artiste Guillaume Pinard, la commissaire de l'exposition Géraldine Pastor-LLoret, le professeur d'Histoire de l'Art Alexandre Rolla ainsi que des élèves de l'ISBA ont pu observer la pièce de Bellini qui, vous le verrez, fera partie intégrante de la création de Guillaume Pinard.
La visite s'est poursuivie dans l'espace d'exposition du musée, puis dans les étages supérieurs qui sont aujourd'hui en rénovation.
Enfin, Emmanuel Guigon a ouvert les portes du cabinet des dessins. Jolie salle dans laquelle sont conservés plus de 5 500 dessins de Matisse, Rembrandt, Ingres, Courbet et bien d'autres ...
Un grand merci à Emmanuel Guigon pour cette visite privilégiée.
Nicolas Bardey est assistant d'enseignement artistique et responsable de l'atelier de sérigraphie à l'ISBA (Institut Supérieur des Beaux-Arts) de Besançon.
Plasticien et graphiste, son activité se concentre autour du design éditorial (collections Abécé-daires & Conférences Frac Franche-Comté, collection Oh cet écho, Les presses du réel), d’identités graphiques (La Maison du directeur, Sonic pôle sonorités de l’école d’art de Mulhouse, ArchitecTones colloque art son architecture), et de créations typographiques. Il édite et conçoit livres, revues et multiples favorisant tous les procédés d’impressions. Participe à plusieurs groupes de travail et de recherche dont l’association W (problématiques et pratiques esthétiques liées au travail du son et à la transdisciplinarité) dont il fut le président de 2003 à 2007. Il produit et anime entre 2004 et 2008 le programme de création radiophonique CRAPS diffusé sur les ondes et sur internet.
Interview de Nicolas Bardey
Voici d'anciens travaux réalisés par Nicolas Bardey, dont il s'inspirera pour créer l'oeuvre qu'il exposera à l'occasion de l'exposition RE:
Sur ses anciens travaux il a utilisé comme base le feutre pour réaliser différentes lignes de couleur. Il avait notamment acheté un ensemble de feutres dépareillé dans une librairie et s'en était servis sur une petite feuille, sur laquelle il avait dessiné des lignes successives.
Pour l'exposition RE: il compte créer des lés de papier remplies de lignes dessinées soit à l'horizontale soit à la verticale, plus ou moins espacées.
Rencontre avec Alexandre Rolla, professeur d'Histoire de l'Art en Licence Professionnelle METI (Métiers de l'Exposition et Technologies de l'Information) ainsi qu'à l'Ecole Supérieure d'Arts et Médias de Caen-Cherbourg.
« À dessin »
Durant de nombreux siècles, les mots dessin et dessein ont tous les deux porté les mêmes sens. Ce n’est qu’entre le XVII ème et le XVIII ème siècle qu’ils se sont séparés de plus d’une simple lettre. La langue italienne, continue, aujourd’hui encore à ne faire aucune distinction entre le geste et l’intention. Il disegno signifie, de la même manière le dessin et le dessein, la forme et l’ambition.
C’est donc « à dessin » que l’exposition RE : propose une réflexion sur le dessin contemporain et surtout sur les véhicules innombrables que celui-ci emploie pour se faire jour, signifiant et autonome.
De nouveau, il s’agit de gommer la distance entre les projets, les techniques et les résultats. De l’original à la copie, voire même la photocopie, l’exposition RE : traque tous les moyens que le dessin utilise pour faire œuvre.
À l’occasion du Salon de 1859, Charles Baudelaire, évoquant la photographie, écrit : « Il faut donc qu’elle rentre dans son véritable devoir, qui est d’être la servante des sciences et des arts, mais la très humble servante, comme l’imprimerie et la sténographie, qui n’ont ni créé ni suppléé la littérature (...) »
Longtemps, pour l’histoire de l’art, le dessin ne « sert » que d’ébauche, d’esquisse, ou de témoignage et de méthodologie pour un projet. Il n’est que « l’humble serviteur » des activités plastiques, plus nobles et plus définitives que sont alors la peinture et la sculpture. Il se libère désormais, intégrant parfois même ces contraintes historiques comme de nouveaux vecteurs de liberté. Le dessin peut aujourd’hui librement jouer et se jouer de la peinture et de la sculpture, comme il le peut tout aussi bien de la photographie, l’imprimerie, la sténographie, les sciences et les arts.
Il n’y a plus de différences entre la forme, les formes et les intentions et tout concourt à faire évoluer cet art vers de nouveaux territoires d’expressions.
C’est ainsi que l’exposition RE: réédite, réconcilie, reproduit, réinvente, révèle, retranscrit, rétablit, rejoint, replie, republie, redéploie, réintroduit, reconduit, réenvisage, redécouvre…
Dans cette dynamique, l’exposition prolonge un partenariat initié l’an dernier entre l’ISBA, Toshiba House et l’Université de Franche-Comté. Après l’exposition Deuxième main de Benjamin Hochart, en février 2012 à Toshiba House comme point de départ, après Permutations, une soirée de la plateforme Roven, à l’ISBA en avril 2012, comme trait d’union, l’exposition RE : développe et enrichit cette réflexion, embrassant l’ensemble des vecteurs de production, d’exposition, de diffusion, d’édition et de médiation utilisés par le dessin aujourd’hui.
Voici un aperçu du travail de Maureen Colomar qui participera à l'expositionRE:
L'interview de Maureen Colomar
Le point de départ est une pile de dessin.
Un catalogue du monde visible.
Une liste de fragments d’éléments que je dessine.
Je dessine des éléments de mon entourage, de photos personnelles ou de cartes postales.
J’ai accumulé une collection d’éléments dessinés se rapportant à un élément précis, vu et vécu.
Ce sont principalement des morceaux de paysages et d’architectures.
Je donne de l’importance aux détails, même insignifiants car ils sont les composants de notre
environnement.
Je me constitue ainsi une banque de données ou plutôt une banque de dessins pour créer des «Ailleurs».
Je découpe, re-découpe les éléments intéressants.
Et je les mets de coté.
Je travaille les contours, le trait, les effets de textures (la pierre, la terre, la mer) par le trait noir.
Il y a plusieurs phases dans ma procédure de travail.
Quand je liste des dessins dans des formats standards et prédéfinis.
Quand ces dessins se déplacent, bougent, grandissent, s’effacent, se dupliquent.
Alors, les lignes se propagent, les formes se déploient dans des formats de plus en plus grands.
Au fur et à mesure les dessins de départ se métamorphosent.
En répétant les formes, en décalquant, en dupliquant les éléments, la figure de base se transforme.
Puis, vient la dimension spaciale du dessin. De ces ensembles formés, le dessin se libère de la page à en perdre tout repère et toute limite. Superposition aléatoire des détails, téléscopage, déploiement dans l’environnement architectural.
La volatilité du fusain ou du pastel sec me permet d’effacer, d’ajouter des lignes et des formes.
Il y a un grand contraste entre la première étape du travail, et la dernière. Je transforme les éléments dessinés qui peuvent paraître banals et convenus en des compositions étranges. Le simple devient plus complexe. Le banal devient étrange.
"C'est chaque fois une joie de voir
devant soi les quatre cents volumes exactement identiques." Ed Ruscha
En amont de l'exposition RE:,Denis
Prissetdes Éditions P est
invité à l'ISBA du 18 au 21 décembre 2012 parGéraldine
Pastor LLoretpour unworkshopavec les étudiants de 3 ème, 4 ème, 5
ème année Art et Communication visuelle. Voici les directions de Denis Prisset :
"Au cours de ce workshop il s'agira de fabriquer des livres.
Pour commencer nous regarderons et commenterons l'allure de livres choisis par
l’intervenant et par les étudiants. Ensuite, nous regarderons de quoi se
compose un livre :
• Avant de l'ouvrir :
Une façade, la couverture (parfois sous forme de jaquette). Cette façade est
associée physiquement au volume du livre (hauteur, largeur, profondeur et
poids) et à sa texture (le papier).
• Quand on l'ouvre :
Que contient un livre ? Il peut ne contenir que des images (au sens large) et
du texte, sinon c'est un livre blanc. Ces images et ce texte s'organisent en
séquence. Cette séquence est associée physiquement à la dimension du livre
(hauteur, largeur) et à sa texture (le papier). Il s'agira au cours du workshop
de définir un projet pour chacun des étudiants et ensuite de concevoir une
adéquation entre ce projet et le livre et ses contraintes. La couverture du
livre (sa façade), associée aux dimensions du livre inscrivent celui-ci
directement dans son environnement - l'édition en général, la librairie, la
table, la bibliothèque personnelle ou publique, la poubelle. Nous déciderons
ensemble d’un format que tous les étudiants utiliseront pour leurs projets, une
contrainte. Puis lorsque l'on ouvre le livre une séquence déploie le projet, du
début à la fin et de la fin au début. C’est ce qu'il y a de plus important dans
un livre, un déploiement ordonné. Ce sera le cœur du workshop. L'attention
portée à l'ensemble de ces contraintes garantira en partie au livre fabriqué
que chacun puisse s'en servir, ou au moins soit prêt à l'ouvrir.
Pour le workshop il est nécessaire que les étudiants soient munis du contenu
d'un livre à venir. Pour l’occasion il serait bien que les étudiants ne
présument pas trop de l’allure de ce qu’ils fabriqueront durant la semaine et
qu’ils envisagent ce contenu comme un matériau qui va être manipulé. Donc ils
doivent entamer le workshop avec : un ensemble trop fourni d'images et/ou de
textes de n’importe quelle nature. Cet ensemble peut-être cohérent ou
pas."
L'affiche
de l'exposition RE: a été conçue par trois étudiantes de l'ISBA, Fanny
Boulord, Orane Stockli et Elodie Ponçon.
Cette affiche abstraite faite de lignes de couleurs a été réalisée avec trois éléments.
Fanny, Orane et Elodie ont choisi de décomposer les formes des lettres R et E et de leur attribuer une couleur, le bleu pour l'oblique, le rose pour la courbe et enfin le jaune pour les lignes horizontales et verticales. Ensuite, elles ont décidé de recouvrir la surface de papier avec ces trois éléments distincts et ce les yeux fermés.
N'hésitez pas à nous donner vos impressions sur l'affiche !
Les
photographies de la réalisation de l'affiche dans l'atelier de sérigraphie de
l'école. Avec Fanny,
Orane et Elodie et l'aide leur professeur Nicolas
BARDEY (Assistant d'enseignement artistique et responsable de l'atelier
sérigraphie)
La technique de la sérigraphie est une tendance universelle permettant d'imprimer de façon répétitive des éléments et ce sur différents types de supports.
Pour réaliser une impression de sérigraphie, il faut disposer d'un écran, constitué d'un tissu de soie ou autre tissu perméable qui doit être tendu. Le tissu doit tout d'abord être enduit d'une émulsion photosensible qui à l'aide d'une exposition aux ultraviolets va se durcir et bouchera le tissu pour que l'encre ne puisse pas passer.
Cependant, l'émulsion non exposée aux ultraviolets ne durcira pas et permettra ainsi à l'encre de passer à travers le tissu. On va isoler chaque couleur à imprimer sur un transparent noir, un typon. La dernière étape sera de tirer l'encre pour imprimer les éléments. L'encre utilisée pour la sérigraphie est une encre à l'eau adaptée aux supports fibreux et élastiques. Cette technique d'impression a modernisé le pochoir.
N'hésitez pas à venir visiter l'atelier de
sérigraphie durant laJournée portes ouvertes le 9 février 2013 à
l'ISBA de Besançon.